Suite à un de mes articles paru sur l’Express.fr, des commentaires déchaînés m’accusent de tous les maux. Il me fallait répondre.
Tout d’abord, veuillez notez que je m’exprime ici en mon nom propre. Ma réponse n’engage aucunement L’Express.fr. Preuve que même stagiaire, je garde un minimum d’autonomie intellectuelle, au moins sur ce blogue.
Mais revenons à notre sujet. Mardi est paru sur l’Express.fr, site où j’officie comme journaliste stagiaire, un article signé de mon nom intitulé “La fachosphère accuse Frédéric Mitterrand de pédophilie“. Lisez le (en entier) je vous prie. Pour résumer, l’article en question remontait le fil des accusations de pédophilie portées par Marine Le Pen, vice-présidente du FN, contre le ministre de la culture Frédéric Mitterrand se basant sur des extraits d’un de ses livres.
L’article montrait le rôle moteur qu’a eu la “fachosphère“, mouvance de sites et blogues d’extrême-droite dans la propagation des dits écrits. D’où le titre si décrié. De là, des commentaires violents ont fleuris sous l’article en question et ici même. L’Express.fr étant accusé au mieux de cirer les pompes de Mitterrand au pire d’apologie de la pédophilie. D’autres estimaient qu’on n’est pas forcément d’extrême-droite si on dénonce les propos de Mitterrand.
Répondons point par point à ces accusations.
1) Votre titre est mensonger ! Je ne suis pas un “facho”, je suis de gauche et je dénonce les écrits de Mitterrand !
Si j’écris “Les lepénistes aiment le cassoulet”, est-ce que je dis que tous les amateurs de cassoulet sont des lepénistes ? Non. Si tous les chats sont mortels et que Socrate est mortel, est-ce que Socrate est un chat ? Non (Respect à Eugène Ionesco).
De même, si la “fachosphère” accuse Mitterrand de pédophilie, tous ceux qui accusent Mitterrand ne sont pas tous membres de la “fachosphère”. Le raccourci sur ce titre viendrait plutôt de quelques commentateurs outrés.
Mais le fait est que, comme je l’ai écrit, la “fachosphère” a eu un rôle amplificateur majeur dans la diffusion des écrits controversés. Pour ça, il aurait fallu aller au-delà du titre et lire l’article dans sa totalité. C’est trop facile après de me donner des leçons de déontologie ou d’honnêteté intellectuelle.
2) Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express, est un ami de Carla Bruni-Sarkozy. Cette dernière aurait fait engager Frédéric Mitterrand au Gouvernement. Pour Barbier, les amis de ses amis sont ses amis, alors il a fait écrire un article par un stagiaire sans pouvoir pour plaire à Mitterrand.
Une thèse qui va au delà du ridicule. Sur l’indépendance intellectuelle de l’Express en général et de Christophe Barbier (avec qui je n’ai jamais discuté) en particulier, je ne répondrai pas ici vu que je ne parle qu’en mon seul nom.
En ce qui me concerne, il ne suffit pas qu’un seul homme appuie sur un bouton pour que les stagiaires fassent là où leur dit de faire. Écrire un article est bien plus compliqué que cela. Sur cet article et bien d’autres, il y a des interactions, des échanges au sein de ma rédaction qui font que les intervenants autour de ma personne sont multiples. Le processus est trop complexe pour le ramener à une simple commande d’un état-major qui veut protéger ses amis.
3) Tu n’as que 24 ans, tu n’es que stagiaire, tu ne connais rien à la vie et à la politique ! Tu fais ça pour te faire remarquer ?
Ai-je écrit cet article pour me faire mousser auprès de ma direction et obtenir un CDI ? Si c’était aussi facile, la situation sociale des jeunes journalistes s’en porterait bien mieux.
Pour le reste, oui, je suis jeune et je ne suis que stagiaire. Mais plutôt que de juger ma petite personne, jugez le fond de l’article, c’est une démarche nettement plus constructive.
4) Si vous avez fait cet article, c’est parce que vous cautionnez la pédophilie et le tourisme sexuel ! (version soft de plusieurs commentaires)
Mon article ne cautionne rien. Il n’approuve ni accable la personne de Frédéric Mitterrand. Le fait que le ministre soit pédophile ou non n’a rien a voir avec le fond de l’article. Son but était de remonter le fil des accusations contre Mitterrand et d’expliquer comment des rumeurs diffusées sur des commentaires de blogues sont devenus une affaire politique sur France 2. Rien de plus et rien de moins.
Voilà.
Je n’imagine pas que ce billet calmera les trolls en tous genres. Mais j’aurais au moins avancé mes arguments. Sur cette affaire, certaines personnes m’ont parlé constructivement, d’autres non. C’est pour cela que j’ai décidé de passer (temporairement) à la modération a priori pour les commentaires de ce blogue. Ils ne seront publiés qu’après validation de ma part. Qu’on se le dise.

