07/02/2010
L’abstention aux Régionales promet de battre des records. Mais tout le monde s’en fout.
Cette campagne des Régionales est mal partie. Les abstentionnistes ont de quoi être excusés. Mais, pour l’instant, les partis pensent aux régions qu’ils peuvent gagner. Le PS parie sur un grand chelem, les Verts espèrent en conquérir trois, l’UMP pense se refaire. Et sur le fond ? Le PS et l’UMP s’accusent mutuellement de « dérapages », de plagiat ou se clashent sur Twitter. Les Verts, eux, s’écharpent avec leurs futurs alliés PS.
Pourtant, le niveau de participation devrait mobiliser toute le monde. Ne serait-ce que pour légitimer les élus. En 2004, lors du 1er tour, 39,16% des inscrits s’étaient abstenus. Les chiffres risquent d’être pires pour cette année. Le scrutin régional intéresse déjà peu les Français. Le Conseil Régional est une institution jugée peu visible aux compétences floues. Mais le contexte s’y prête aussi : on a déjà voté en 2008 et 2009. Pire, partis et médias ont déjà 2012 en tête.
L’abstention des idées
Le scrutin régional est ringardisé. Au PS, on parle déjà des primaires et du possible retour de DSK. A l’UMP, l’ombre de Dominique de Villepin refait son apparition. La faute au monarchisme latent de la Vème République et à notre tradition jacobine. La seule vraie élection, celle qui mobilise médias et politiques, c’est la présidentielle. Les autres scrutins tendent à être des « élections intermédiaires » où sont testés les rapports de forces entre partis.
Par cette obsession présidentielle, chaque scrutin devient une histoire de casting. Chaque élection révèle un « présidentiable » charismatique. Peu importe ses idées, seuls compte sa télégénie. Cohn-Bendit avait bénéficié des Européennes. Cette année, c’est Cécile Duflot, tête de liste Verte en Ile-de-France, qui est la chouchou des médias de masse. Plus que l’abstention des électeurs, c’est l’abstention des idées qui menace notre vie politique.


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Publié par Tefy
31/01/2010
Face à une UMP qui craint un vote sanction, le PS se lâche. Quitte à utiliser les arguments les plus stupides.
« Cette décision est ferme et définitive », a affirmé Martine Aubry, première secrétaire du PS, en marge d’une réunion de ses secrétaires de section ce dimanche à Paris. Mardi, le bureau national du parti devrait voter sur sa décision de retirer au sulfureux Georges Frêche, président sortant, la tête de liste dans le Languedoc-Roussillon en vue des Régionales. Tout ça pour une sortie de l’intéressé qui évoquait « la tronche pas catholique » de Laurent Fabius, d’origine juive.
Mais l’enjeu, ici, n’est pas de savoir si ces propos sont antisémites ou pas. Ce qui compte c’est l’hypocrisie du PS dans ce dossier. Frêche avait déjà été exclu du parti en janvier 2007 pour ses propos sur les Harkis et les « Blacks » de l’équipe de France de football. Une goutte d’eau dans la longue liste de ses propos polémiques. Pourtant, quand les militants locaux l’ont porté comme tête de liste en décembre, Titine Aubry n’a pas tiqué.
Affaire d’apparatchiks
Frêche est (était ?) un baron local, il était intouchable. Mais il a suffit qu’il s’en prenne au duc national Fabius, allié d’Aubry, pour qu’elle le brûle en place publique. Les petits apparatchiks ne touchent pas aux gros apparatchiks. Cela témoigne d’un fonctionnement du PS où les féodalités locales ou de courants prennent le pas sur les convictions. Le Ps est hypocrite, si Frêche est effectivement un raciste pur et dur, il fallait lui refuser la tête de liste dès décembre.
Comble du ridicule, le PS a lancé un buzz contre les propos « racistes » du maire UMP de Franconville Francis Delattre. Jeudi, lors d’un meeting dans sa ville, il avait déclaré à propos d’Ali Soumaré, tête de liste PS dans le 95: « Au début, j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG ». Un bel écran de fumée pour effacer l’affaire Frêche. « Nous sommes une gauche décomplexée », a aussi dit Titine. C’est sûr qu’en matière de foutage de gueule, le PS n’a aucun complexe.


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Publié par Tefy
16/01/2010
Le ministre prône une charte des droits et devoirs signée par les seuls jeunes Français. Du pur affichage politique.
S’il existait une palme de l’idée à la con, Eric Besson partirait favori. Lors d’un débat sur l’identité nationale vendredi soir à Marseille, le ministre de l’Immigration a proposé de créer une « charte des droits et devoirs » qui serait signée par les « jeunes Français » à leur majorité. Pour Besson, il s’agirait d’« un serment, une charte, quelque chose qui attache à la République » et même si « l’on est dans l’ordre du symbole, c’est un symbole qui peut toucher ».
S’il s’agit d’un symbole, c’est surtout celui de la démagogie. Tout d’abord, rappelons à Besson que son projet de charte existe déjà. Il s’agit de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 couplée au préambule de la Constitution de 1946. Au delà des seuls droits civils, politiques et sociaux, ces textes fondent les principes indispensables au vivre ensemble notamment le respect d’autrui. Créer un nouveau texte ne serait que du pur affichage politique.
Perte de repères
Plus grave, le projet de Besson véhicule une pensée malsaine. Pour lui, la signature ce texte doit être réservé aux « jeunes Français » et pas aux étrangers. Pourtant, toute personne vivant sur notre sol, quelque soit sa nationalité, devrait possèder les mêmes droits et devoirs que son voisin. Bien sûr, les Français ont des droits spécifiques (voter, entrer dans la fonction publique…) mais écarter d’emblée les jeunes étrangers de cette charte viole tous les règles républicaines.
Besson dit défendre l’identité nationale, il ne propose que du vent. Mais cette idée mérite mieux. L’identité nationale, ce n’est pas diviser, c’est unir, poser des repères. Or, ce monde n’en a plus. Les traders continuent de se remplir les poches de bonus. Renault, fleuron de notre industrie, ne produira qu’une partie de la Clio IV en France malgré les aides publiques perçues. Si Besson veut vraiment faire signer une charte des droits et devoirs, voilà de bons cobayes.


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02/01/2010
Les journalistes consomment à outrance des sondages. Décryptage d’une technique de désinformation.
Sonder ou informer, il faut choisir. Les médias aiment commander ou relayer des sondages sur tout et n’importe quoi. Dans l’actualité politique, ce sont bien sûr les cotes de popularité de l’exécutif qui constituent les produits phares. Et avec la fin de l’année 2009, nous avons eu le droit aux traditionnels sondages sur la personnalité de l’année. Les médias manquent d’argent pour les salaires de leurs personnels mais pas pour les instituts de sondages.
Pourtant, le contenu informatif des sondages est faible voire inexistant. Quand ils ne relèvent pas de la manipulation pure et simple. Mais pourquoi les journalistes, politiques surtout, aiment ils tant les commenter ? La 1ère raison est simple. A travers les sondages, ils ont l’impression d’avoir une « matière » fiable et objective. Ce n’est plus la peine d’enquêter, de fouiller ou d’analyser, on sonde. Une façon de sous-traiter une partie de son travail.
Relais de l’Opinion
Cette sous-traitance a une autre justification. Le journaliste cherche aussi une validation à son discours. Comme s’il cherchait à s’excuser de ses propos. « Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Opinion ! ». Son audace envers machin ou machine ne dépend plus alors de ses propres infos mais de la cote sondagière de l’intéressé(e). Il n’est plus dans l’offensive mais sur la défensive. Il n’est plus un fournisseur d’infos mais le relais des volatilités de l’ »Opinion ».
Ce rôle de relais reflète un rapport pervers au public. Le journaliste ne le voit plus comme un public citoyen avide de débats ou d’infos mais comme une masse ne faisant qu’émettre des avis sur n’importe quel sujet. Avis que l’on empresse de recueillir pour mieux lui resservir. Bien sûr, le journaliste traite, voire maltraite, les résultats des sondages mais, au final, il est largement dépossédé de son rôle informatif. Et par là de journaliste.


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Publié par Tefy
26/12/2009
Alors on fout rien comme des gros manches. L’occasion de regarder ce qu’il s’est passé dans les restes du monde.
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Publié par Tefy
20/12/2009
Pour les politiques, la justice la plus à craindre ne se trouve pas dans les prétoires mais au Café du commerce.
« Ça laissera des traces« . Julien Dray n’est pas tiré d’affaire. Accusé de malversations financières, il a finalement été blanchi par la justice. Dans le Parisien d’hier, il dit toutefois son pessimisme sur son avenir . Pour lui, « ceux qui ont joué avec cette enquête » ne voulaient pas sa condamnation mais « jeter un doute sur [sa] moralité et [l]’éliminer politiquement« . Il sait que la rue a déjà rendu son verdict et qu’il sera impossible de faire appel.
Le vrai combat de Dray, il ne fut pas contre Jean-Claude Marin, procureur de Paris, mais contre les médias et ses « amis » politiques. Écarté un temps des listes de l’Essonne pour les Régionales, Dray ne porte pas la direction du PS dans son coeur. Idem pour les journalistes qui ont enquêté sur son affaire. Dray les accuse d’avoir sali son nom. Sa véritable quête de l’innocence commence maintenant.
Pris pour cible
Le cas Chirac est un autre exemple. Il a longtemps bénéficié de l’inertie de la justice. Mais durant son mandat, ses juges (ou procureurs) les plus redoutables furent les « Guignols de l’info ». Chirac ne risque sans doute pas d’aller en prison mais sa pire sanction est d’avoir eu à supporter cette image de « pourri ». Ses multiples casseroles judiciaires ont cristallisé dans l’opinion l’image d’une classe politique corrompue et impunie.
Se pose alors le rôle des médias. Ils ne peuvent ni se taire ni participer aux cabales. Ce qu’on attend d’eux, c’est qu’ils démêlent les sacs de nœuds des affaires les plus tordues. Qu’ils les replacent dans leur contexte politique, économique… Bref, qu’ils informent. En cela, l’affaire de Karachi, où Sarkozy est mis en cause, est éloquente. Elle semble moins intéresser que les montres de Julien Dray. Les médias aiment choisir leurs cibles.


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13/12/2009
Les partis politiques parlent et réclament le droit de parler. Sauf qu’ils n’ont plus rien à dire.
« Le pire risque, c’est celui de ne pas en prendre ». Une pensée des Jeunes UMP. Sur ce coup, ils n’ont pas tort. Ce qui tue notre monde, ce n’est pas un engagement ou une idéologique quelconque, c’est le déclin de l’engagement. C’est laisser penser que le monde est ce qu’il est et qu’on ne pourra pas le changer. C’est l’idée que les règles du jeu s’imposent à nous et non être changées. C’est se contenter de vérités établies.
Avant de prendre le pouvoir, il faut le contester, le mettre en débat. La démocratie, ce n’est pas que la souveraineté du peuple, c’est aussi la pluralité des idées. Le refus du conformisme et des carcans idéologiques. Avant de réclamer la liberté d’expression, il faut avoir quelque chose à dire. Il faut enfoncer les portes plutôt que de demander qu’on nous les ouvre. La révolte n’est pas qu’un droit, c’est un devoir, une capacité à penser par soi-même.
La liberté de pensée n’existe pas ex nihilo
La liberté d’opinion ne peut être une faveur accordée par les pouvoirs politiques, médiatiques ou économiques. Elle n’existe pas ex nihilo. Il ne suffit pas l’invoquer pour qu’elle existe. Cette croyance est pourtant répandue. Le PS, qui en fait des tonnes sur la liberté d’expression des médias et du Parlement, est un parti qui n’a plus rien à dire. Sa seule audace se limite à se conformer aux modes « idéologiques » en cours.
L’UMP n’est pas mieux. Elle ne cherche plus le débat, elle veut le buzz. Un parti est censé mettre la pratique du pouvoir au service de ses idées. L’UMP fait le contraire. Sa seule préoccupation est la conservation de ses privilèges acquis. Elle a abandonné toute ambition idéologique au service de la gloire d’un seul homme. Ce n’est plus qu’un simple club de fans. Elle n’est plus un parti libéral ou gaulliste ou même de droite mais un parti sarkoziste.


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Publié par Tefy
05/12/2009
PS et UMP semblent convertis à l’écologie. Des discours qui sont plus proches de l’opportunisme que de l’audace idéologique.
Daniel Cohn-Bendit est une star. Il avait déjà fait la une des journaux lors de sa percée aux Européennes et il repart en promo en vue du Sommet de Copenhague qui s’ouvre lundi. Cohn-Bendit a réussi son pari. Non seulement les médias lui servent la soupe mais il s’est imposé comme un métronome de la vie politique française. Face à ses succès politiques, les grands partis « verdissent » leurs discours pour éviter d’être débordés.
Le PS a dévoilé une série de propositions sur le sujet. Nicolas Sarkozy prône « l’écologie populaire » et fait les gros yeux à Barack Obama, jugé trop tiède. Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, fait des appels du pied à Europe Ecologie. Le même syndrome « vert » avait frappé lors de l’offensive de Nicolas Hulot lors de la présidentielle. Dans les deux cas, chaque parti devient écolo en fonction de l’air du temps.
L’air du temps
Ça risque de changer avec la clôture du Sommet. Le thème de l’insécurité relève de la même logique. Un fait divers l’impose dans le débat, on promet une loi et la question disparaît une fois la polémique éteinte. Peu importe la gravité intrinsèque d’un problème, ce qui le fera entrer ou sortir du champ politique, c’est sa concordance avec les évènements de l’actualité récente. Les discours ne sont plus guidés par l’audace ou les valeurs mais par le suivisme.
Les partis sont (presque) tous frappés par le syndrome de Copenhague. Tout cela sent l’opportunisme. Mais s’y révèle surtout une perversion du débat politique. Un décalage entre l’espace des problèmes économiques ou environnementaux qui existent au quotidien et l’espace des controverses politiques, fluctuant et largement dépendant de l’air du temps. Plus que notre atmosphère, c’est toute la réflexion politique qui s’en retrouve polluée.


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Publié par Tefy
29/11/2009
Même si le débat sur l’identité nationale n’est qu’un coup politicien, la question du « vivre ensemble » doit se poser.
Ne soyons pas dupes. Si Eric Besson, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, organise un débat sur… l’identité nationale, c’est uniquement par opportunisme électoral. En vue des Régionales, l’Elysée et le Gouvernement veulent mobiliser l’électorat conservateur. Une façon aussi d’écarter les problèmes économiques et sociaux de l’agenda médiatique. Ils avaient utilisé la même tactique lors des Européennes de juin.
Le PS est en première ligne pour dénoncer ce « faux débat ». Pour les socialistes, le vrai sujet, c’est la crise et la montée du chômage. L’UMP hurle à l’irresponsabilité politique mais n’a pas de leçons à donner. Ce débat n’est pas un vrai débat mais un coup politique à court terme. La majorité a certes le mérite de poser la question de l’identité mais n’apportera pas de réponse. Seuls compteront les voix rapportées par l’opération.
L’ère de la multitude
Mais ces querelles politiciennes polluent le débat de fond. La question de l’identité nationale est pourtant un sujet fondamental. La France n’est plus dans l’ère de homogénéité, d’une identité catholique et gréco-romaine donnée une bonne fois pour toutes. La construction européenne, le désir de reconnaissance citoyenne des immigrés et enfants d’immigrés nous a fait entrer dans l’ère de la multitude.
Il s’agit alors d’interroger sur ce qui peut nous unir malgré nos différences. Mais il ne suffit pas de dire « être français, c’est avoir sa vie en France et rien de plus » pour répondre à cette question. Il ne suffit pas non plus d’augmenter le Smic pour créer de la cohésion nationale. Les valeurs qui peuvent cimenter cette multitude, nous les connaissons déjà : liberté, égalité, fraternité. Le tout est de savoir comment les faire respecter par et pour tous.


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Humeurs | Tagué : Eric Besson, Identité nationale, immigration, PS, Racisme, Régionales, UMP |
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Publié par Tefy